Le projet du studio Arts-Yoga

“La disparition des êtres est un coquillage vide. Tu le colles à ton oreille et dans ce vide quelque chose bruit.”Wajdi Mouawad

Voici l’histoire de la naissance du projet du studio Arts-Yoga , par Viviane

A la suite du décès accidentel de mon fils Jérôme, le 7 mars 2015, j’ai été littéralement foudroyée par le choc et terrassée par la douleur. Je pratiquais le yoga depuis quelques années déjà. J’ai téléphoné à mon cher professeur Hélène, en lui expliquant que je n’avais plus la force de venir suivre ses cours. Face à mon effondrement, Hélène m’a proposé de garder ma place ” en attendant” mais, avec la douceur et la compassion qui la caractérisent , elle m’a également conseillé de revenir pratiquer aussi vite que possible, me disant ”cela te fera beaucoup de bien”.

Dès les premiers jours qui ont suivi la mort de mon fils, j’ai pris la décision de ne pas ajouter de la désolation au chagrin. En ce sens j’ai toujours continué à prendre soin de moi et de mon environnement. Par amour et respect pour Jérôme.

J’ai écouté et suivi tous les conseils de mes amis. Tous, sans exception, hormis la prise de médicaments ce à quoi je me suis toujours refusée. D’une certaine façon je n’avais pas envie que des pilules abrutissantes me volent mon chagrin. J’avais besoin de vivre et sentir ma souffrance. Parce que je savais instinctivement que c’était l’unique façon de la surmonter.

La proposition d’Hélène de revenir très vite en cours de yoga m’a semblé rejoindre ce processus. Il est bien évident que le respect et la confiance que je  lui porte m’ont permis de réagir d’autant plus vite.

J’ai pu constater au fil des semaines qu’Hélène avait raison. Si je pleurais parfois chez moi, en cours de yoga tout était différent. Je me sentais non seulement apaisée mais durant la plupart des minutes consacrées au Savasana en fin de cours, je me retrouvais en communion avec mon fils. Une communion pleine, dans l’instant présent, sans questionnement. Un état d’être total et serein.

J’ai fini par comprendre que je vivais une sorte de béatitude emplie d’amour. Non seulement je recevais l’amour de mon fils durant la pratique du yoga, mais   je me sentais constamment enveloppée de cet amour. Un peu comme une armure contre la tristesse.

Au même moment j’ai ressenti un besoin fort de créer. Créer était tout ce qui me restait à faire après la destruction de mon oeuvre, de mon fils. J’ai cherché et trouvé sur le net un cours de sculpture et je m’y suis inscrite. Je n’avais jamais pratiqué la sculpture, mais une nouvelle fois j’ai constaté que de vivre l’instant présent en travaillant la terre, me soulageait.

La concentration intense que nécessite le travail de création avec l’argile, empêche les pensées les plus tristes de s’emparer du mental. J’étais Ici et Maintenant.

Au cours des semaines je suis sortie de mon silence et j’ai commencé à réapprendre à vivre.

Dans les deux cas, yoga et sculpture, la concentration ne laisse aucune place à un mental tourmenté.

Peu à peu l’immensité du chagrin, telle une grande marée, se retire pour laisser place à une  plage déserte où tout est à recommencer. Tout est à reconstruire.

D’une certaine façon, tout doucement, l’équilibre de Vie se remet en place. L’équilibre recherché, parfois atteint en Yoga, en travaillant les postures sur l’axe, l’ouverture du cœur ainsi que l’apaisement durant la concentration et la méditation

Parallèlement l’état de pleine conscience de la création artistique induit, en quelque sorte, les mêmes effets.

A travers mon expérience, les observations et les constatations de mon état émotionnel, j’ai conçu le projet d’aider d’autres personnes traversées par la souffrance. Dans cet objectif j’ai poursuivi ma formation d’enseignante de yoga avec Hélène Guiter et Marianne Wells.

Mon projet “arts-yoga” vise à proposer des cours et stages de “mieux-être”, des sessions courtes de recouvrement d’un équilibre émotionnel par la pratique du yoga et la pratique artistique. Il ne s’agit ni de stages intensifs de yoga, ni de stages intensifs de création. L’idée est simplement de mettre en corrélation l’état méditatif issu de la pratique du yoga et celui issu de la pratique artistique de création ( peinture, photographie, sculpture, art dramatique). Et de faire en sorte que chacune des pratiques renforce les effets positifs de l’autre et sur l’autre.